suite, fin et début d’un nouveau cycle

j’ai longtemps hésité, longtemps tourné les pour et les contre et finalement je me suis rendue compte que je ne voulais pas parler de ce que j’ai vécu pendant ces 20 jours de retraite méditative. Ou plutôt j’aurai voulu pouvoir le faire, sincèrement, mais je ne peux pas. Ce qui est d’autant plus dommage c’est que ça a été une expérience incroyable, humainement et spirituellement, je pense en être sortie plus grande et plus forte, plus sûre de moi, de ce que je suis et de ce que je veux faire du temps qui m’est imparti et j’aurai voulu partager cette expérience parce que j’aurai voulu que d’autres puissent la vivre a leur tour. Mais je suis rentrée depuis déjà plus d’une semaine et dès que je me dis qu’il est temps de raconter ce dernier mois en Asie, j’esquive, je trouve des excuses pour ne pas le faire. Il a donc bien fallu se rendre a l’évidence, une retraite méditative c’est quelque chose dont on peut parler mais qu’on ne pourra jamais partager.

Je vais donc raconter et j’espère qu’entre les lignes certains pourront imaginer ce que j’y ai ressenti et peut-être même, comprendre. Tout d’abord il me faut préciser que personne ne se décide à faire une retraite méditative s’il n’a pas un minimum de curiosité pour une approche spirituelle du monde qui l’entoure, de même, et c’est plus dur à admettre, personne n’y vient s’il n’a pas un problème a régler. Quelqu’un qui affirme avoir une vie parfaitement heureuse ne viendra jamais pour méditer, et bien que jamais avec les autres méditant nous n’ayons parlé des raisons profondes de notre présence, tous ont admis être là parce-qu’ils “ne savent pas quoi faire de leur vie”. Les vraies raisons sont, bien sûr, diverses et variées, problèmes de couple, de travail, d’addictions, de confiance en soi, etc etc … D’autre part, deuxième précision, une retraite méditative Vipassana, puisque c’est cette technique que j’ai suivi, n’est pas une psychothérapie, elle n’est pas basée sur la parole ou même sur une réflexion profonde sur soi. La méditation Vipassana telle que je l’ai vécue dans ce temple est basée sur l’absence totale de pensée, sur la concentration sur la respiration et sur le corps. Pour nous aider il nous est interdit de lire, d’écrire, d’écouter de la musique, de parler, de fumer, de boire du café ou de l’alcool, de manger après 12h, etc, bien sûr chacun fait comme il l’entend, s’il décide de déroger à la règle c’est son problème. Et oui, ce n’est pas facile, les premiers jours il est même impossible de s’arrêter de penser, du genre “je ne dois pas penser, ah oui mais merde je suis en train de penser que je ne dois pas penser et là je pense que je pense que je ne dois pas penser” … c’est sans fin. Certains abandonnent au bout de quelques jours et d’autres restent. La méditation est composée de deux moments, la méditation marchée et la méditation assise, les premiers jours c’est 15 min de chaque et au bout des 20 jours c’est jusqu’à 45 min de chaque. Pendant la marche la concentration est focalisée sur les pieds et la respiration, pendant la méditation assise on se concentre sur les points du corps et la respiration. C’est au bout de 4 ou 5 jours que les premiers résultats se sont fait sentir, d’une part l’esprit est plus calme, la respiration plus apaisée, la marche plus lente, et les rêves moins fous. Petit à petit, non seulement je ne pensais à rien pendant les périodes de méditation, mais même pendant les pauses je ne pensais plus, je regardais autour de moi en buvant mes 15 tasses d’infusion de la journée et j’appréciais de sentir mon corps, cette sensation à la fois de pesanteur et de légèreté, de sentir la moindre cellule de mon corps répondre quand je “l’appelle”. La journée était découpée de façon précise : levé a 5h, discussion/enseignement sur le Dharma (l’enseignement du Bouddha) a 5h30 et pendant une heure, petit-déjeuner a 7h après avoir récité la “prière” de remerciement pour la nourriture, dejeuner à 11h là encore apres avoir prié tous ensemble, entretien individuel avec notre “professeur” (un moine chargé des méditants étrangers) a 13h30 et enfin prières du soir à 18h. Pendant le temps libre c’est à nous de nous organiser pour méditer, dans nos chambres, dans la salle commune, dans le hall de prières ou dehors. J’ai rencontré, pendant mon séjour, des gens tous très intéressant avec qui j’ai discuté de temps en temps mais la méditation reste une expérience solitaire et j’ai passé les 10 premiers jours sans parler à qui que se soit d’autre qu’au “professeur”. Quand j’ai pensé pouvoir parler sans que cela affecte ma concentration je l’ai fais. J’ai pris l’habitude de méditer dans ma chambre ou dans un bâtiment inoccupé pour ne pas être distraite vu que le simple bruit du vent me déconcentrait complètement, du moins au début.

Il faudrait que je parle de l’enseignement du Bouddha, ce que l’on appelle le Dharma ou Dhamma. Il s’agit de l’enseignement du Bouddha, c’est aussi l’un des “joyaux” de la religion bouddhiste qui en compte trois. Le premier c’est le Bouddha lui même, le deuxième c’est le Dharma et le troisième c’est le Sanghka ou Sangha qui désigne la communauté des fidèles et plus spécifiquement les moines et nonnes bouddhistes. Je parle de religion bouddhiste, je sais que certains considèrent que c’est une philosophie plus qu’une religion, mais, dans la mesure ou il y a croyance en des miracles accompli par le Bouddha, croyances dans le principe du Karma etc, je pense qu’on est plus prêt de la religion, d’ailleurs c’est ce que les moines eux-même disent, ils ont foi dans la parole du Bouddha et dans son enseignement. Néanmoins il est possible de suivre le Dhamma sans être bouddhiste car il donne aussi des clés pour suivre mode de vie spécifique. Personnellement je ne suis pas croyante, je ne crois pas que le Bouddha ait accompli des miracles mais je crois qu’il y a très longtemps un type un peu plus intelligent que les autres a donné des clés pour que ses contemporains vivent plus sereinement une vie qui ne l’était guère. Je ne peux pas dire qu’en 20 jours j’ai pu étudier le Dhamma ou en saisir toute la portée, cependant, pendant une heure, tous les matins, j’ai écouté mon professeur nous expliquer pourquoi l’être humain est malheureux, pourquoi il souffre et comment il peut espérer atteindre un jour, par la discipline et l’effort, un état de non-souffrance. Disons rapidement que la souffrance a pour origine l’impermanence de toutes choses, l’insatisfaction et “l’impersonnalité” (concept difficile a envisager pour les occidentaux et qui affirme l’inexistence d’un Moi ou ego). Tous nos soucis viennent de là, et pour échapper à la souffrance nous devons suivre la voie médiane qui entre autre prône le non-attachement, la bienveillance, la compassion, la joie face au bonheur d’autrui et l’équanimité. Je vais m’arrêter là parce que c’est un sujet “à tiroirs”, quand on en ouvre un on se rend compte qu’ils y en a toujours plus a l’intérieur. C’est néanmoins à partir de ces principes simples que se développe toute la religion bouddhiste, dont la méditation est une part importante puisqu’elle permet de purifier son esprit ce qui permet d’être plus serein, donc de mieux distinguer le bien et le mal et de (normalement) faire le bien autour de soi. Ce qui moi me plait dans le bouddhisme, c’est cette idée que le Bouddha n’était qu’un homme et qu’il a juste montré la Voie, il n’y a pas de dieu tout puissant prêt à punir les infidèles et les “contrevenants”. Des émotions comme la jalousie, l’envie, la colère, etc, sont des poisons pour nous-même avant de devenir des poisons pour les autres, personne ne va venir nous punir, c’est à nous de décider si on veut être heureux ou non. Le Dhamma dit également qu’avant de pouvoir appliquer la bienveillance aux autres il faut l’appliquer à soi-même et que sur la voie médiane deux choses sont essentielles, la conscience du bien et du mal et la présence d’un ami sûr qui donne envie de devenir un être meilleur. Bref. Je ne sais pas si je m’exprime de façon à me faire comprendre et c’est en partie la raison pour laquelle il est très difficile de parler de cette retraite méditative, ce que j’y ai appris je l’ai assimilé à ma façon, je ne suis pas sûre que les mêmes paroles aient été assimilées de la même façon par mes camarades.

Pour revenir dans quelque chose de plus léger et de moins casse-gueule, j’ai assisté pendant ma retraite au nouvel an thaïlandais, le Songkran. A Chiang Mai, qui se trouve au pied de la montagne ou est perché le temple ou j’ai médité, le nouvel an est prétexte à une gigantesque bataille d’eau et non moins gigantesque beuverie, mais évidemment, au temple c’est plus calme … mouais… disons que c’est l’alcool en moins. Ca commence tranquillement par des prières, après quoi tout le monde verse de l’eau parfumée sur les statues puis sur les mains des moines qui en retour nous bénissent et ça finit en bataille d’eau entre les civils et les moines, enfin plutôt les novices, les moines, eux, retournent sagement à leurs occupations. Ayant à la main mon appareil photo je m’en suis servi comme bouclier mais j’ai tout de même eu droit a un peu d’eau sur l’épaule de la part d’un novice tout sourire qui m’a arrosé en répétant “oh sorry, really sorry !”

Et puis les derniers jours sont arrivés. Trois jours et trois nuits sans dormir. Mais bon, j’ai échoué, j’ai dormi la troisième nuit, je n’en pouvais plus. Ce n’est pas grave cela dit, ce qui compte c’est que j’ai trouvé les réponses à mes questions, même celles que je ne posais pas consciemment, ce qui compte c’est qu’au dernier jour, quand j’ai quitté le temple, je savais qui j’étais et où j’allais. Je ne me pose plus la question de savoir si il ne serait pas judicieux de reprendre des études pour faire un métier plus sûr et qui gagne mieux, je ne me pose plus la question de savoir s’il ne serait pas judicieux de rentrer dans le moule, de trouver un copain, de me poser et de faire des enfants, je sais qui je suis, ce que je veux, où je vais et même, comment je vais y aller. Je sais que je préfère faire un métier instable et en voie de disparition qui en plus paye mal mais que j’aime profondément, je sais que je veux continuer à voyager, je sais que je suis heureuse d’être moi et que j’ai la chance d’avoir ce que j’ai, que je n’ai pas besoin de plus. Je sais que pendant ces 20 jours je suis née de nouveau et que je n’irai plus chercher ailleurs ce que j’ai en moi. Hasard ? Le dernier jour je suis allée au temple pour prier et avoir une prédiction, en gros il y a des bâtons de bambous numérotés dans un pot qu’on secoue et on lit la prédiction qui porte le numéro du bâton que l’on fait tomber du pot. On m’a donc prédit la prospérité et la dignité, que je serai heureuse pour toujours, que tout allait se passer pour le mieux, que je serai protégée. Qu’on y croit ou pas, c’est toujours encourageant !

C’est une conclusion parfaite pour ce voyage, huit mois en Asie à chercher quelque chose, à me chercher moi, à apprendre à me connaître et j’en reviens fière de ce que j’ai accompli, fière de ce que je suis, fière de mes blessures et fière de m’être relevée, fière d’être allée au bout, de m’être dépassée, fière de pouvoir aujourd’hui me jeter toutes ses fleurs. Cadeau de moi à moi, comment me remercier !

deuxieme boucle bouclee …

Et voila mon voyage qui touche a sa fin, aujourd’hui je m’embarque pour 21 jours de retraite meditative mais avant ca il est temps de faire un classement (j’adore classer et faire des listes) entre Malaisie, Indonesie et Myanmar, la deuxieme et derniere partie de mon voyage en Asie du sud-est.

  • meilleure cuisine : difficile a departager entre la Malaisie et l’Indonesie mais une mention speciale pour le cochon roti a la broche de Bali, un des meilleurs plat jamais mange !
  • meilleur souvenir : le lever de soleil sur le Kinabalu, sans hesitation
  • ville preferee : Kuala Lumpur qui a su meler des cultures completement differentes dans le respect de chacun
  • ville detestee : Mandalay ou tout est sable, sur la peau, dans les yeux, dans les poumons … et Jakarta la monstrueuse, la tentaculaire capitale indonesienne
  • plus beaux paysages : Tana Toraja, si incroyablement vert, de toutes les nuances de vert imaginables
  • plus belle creation humaine : Bagan, a couper le souffle au lever de soleil, dans la chaleur de midi et au coucher de soleil
  • peuple le plus accueillant : la encore mon coeur balance entre les balinais et les habitants de Borneo … impossible de trancher
  • le pays que j’ai prefere toutes categories confondues : probablement la Malaisie qui ne m’a jamais decue, frustree ou enervee, qui essaye et reussi a faire vivre ensemble musulmans, bouddhistes, hindous et une minorite chretienne, en laissant a chacun la liberte de son culte et de ses vetements du moment que cela ne nuit pas aux autres, une lecon a retenir, non ?

La fin de plus en plus proche de mon voyage se teinte de sentiments pour le moins mitiges, je suis heureuse de rentrer et en meme temps je voudrais rester ici, encore un peu, un tout petit peu … c’est assez confus pour moi mais je sens que je commence a peine a me sentir chez moi dans ces pays si differents de ma culture et de mon education que deja il me faut repartir dans un pays ou ces manieres qui m’etait si familieres vont etre comme des coups de poing. Se rehabituer a la rapidite et au stress, aux gens qui font la gueule dans les transports en commun, qui ne se parlent pas, ne se regarde pas, ne se touchent pas … oublier l’odeur des epices, des marches, de la rue, etre de nouveau une parmie des millions de semblables (ca en revanche je l’attend avec impatience), devoir reapprendre les codes de la societe occidentale, retrouver les telephones portables qui sonnent a tout bout de champs, les mp3 et les ordinateurs qui peu a peu remplacent les amis de chair et d’os … oui, j’aimerai pouvoir emmener avec moi ce que j’ai vu ici, les sourires, la camaraderie, l’entraide, l’espoir …

Rentrer en France c’est comme revenir au monde et j’ai l’impression d’etre une prematuree.

un mois hors du monde

Apres presque un mois au Myanmar, a vrai dire, je ne sais meme pas par ou commencer pour decrire ce pays et raconter tout ce que j’y ai vu et vecu. Je pourrai raconter dans l’ordre chronologique les endroits que j’ai visite, decrire la cuisine birmane et mes (frequentes) indigestions, parler de la pauvrete, de l’etat policier ou des moines qui ne sont plus vraiment des hommes saints. Je pourrai aussi faire tout ca a la fois, dans n’importe quel ordre, comme ca me vient et comme ca me chante puis vous laissez vous depetrer de cette masse de noeuds. Et c’est ce que je vais faire, parce qu’il est impossible de decrire le Myanmar de facon coherente, c’est un pays qui est tout sauf coherent, chaque jour apportant son lot d’emerveillements, de frustrations, de fatigue et de joies.

Avant meme de poser le pied sur son sol et une fois a Yangon, le Myanmar ca ete d’abord l’argent. Ici la carte bleue vous pouvez aussi bien vous en faire un collier ou la mettre au feu, il faut donc, avant d’entrer sur le territoire, passer par la banque et retirer des dollars en quantite suffisante et surtout, surtout, des billets neufs, jamais plies, les numeros de serie ne commencant pas par certaines lettres, pas plus ancien que 1996 … pourquoi ? Tout simplement parce que sinon personne ne les acceptera. Par exemple, un billet de 20 dollars vaut moins en kyat (monnaie locale) qu’un billet de 100, mais un billet de 100 ancien ou abime vaut moins qu’un billet de 20 … a la moindre pliure, dechirure, meme microscopique, personne n’en voudra. De l’autre cote, le kyat, la monnaie locale, est imprimee sur du papier de si mauvaise qualite que rapidement les billets deviennent noirs, dechires et recolles avec du scotch ou, quand ils tombent en poussiere, carement mis dans de petites enveloppes plastiques. Je n’ose meme pas imaginer toutes les bacteries qui circulent avec ses billets repugnants … parce que oui, ce sejour au Myanmar m’a aussi rendue tres consciente au niveau bacteries.

Et pour cause ! Je suis tres (tres tres) rarement malade, encore moins sujette a des indigestions, je peux manger n’importe quoi et n’importe ou et je m’en sors, c’est peut-etre pour ca que j’aime autant manger (oui je le cri haut et fort, mort aux regimes, j’aime manger !). Bon. Ca c’etait jusqu’a ce que, une semaine apres etre arrivee au Myanmar, je m’ecroule, victime d’indigestion, et reste, fragile et tremblotante comme une petite vieille, bloquee pendant trois jours a Hsipaw au lieu d’aller faire un trek dans les montagnes des alentours. C’etait ma derniere possibilite de trek … j’y ai laisse mes chaussures, ils en auront plus besoin que moi, maintenant. Le quatrieme jour, me sentant mieux, je suis allee au festival qui avait lieu non loin a la pagode, festival avec offrandes au bouddhas, gargottes et marche aux puces et meme maneges. J’aurai du me mefier, j’etais encore fragile, mais ces petites crepes avaient l’air si bonnes … j’ai passe une nuit douloureuse apres ca. Le reste de mon voyage au Myanmar n’a pas ete a la hauteur niveau culinaire pour cause de mefiance maladive et je me suis nourrie quasi exclusivement de soupes de nouilles et de riz fri. Et de curry … qui m’a rendu malade.

Ne pleurez pas pour moi, je n’etais pas non plus trop triste de ne pas avoir pu faire de trek, la nature dans le centre et le nord du pays est difficilement enchanteresse, se resumant a des hectares de vegetation brulee et de terre calcinee. Il faut dire qu’au mois de mars on est en plein dans la saison seche et qu’il suffit d’un megot jete par la fenetre pour tout faire flamber. Et des megots jetes par la fenetre ce n’est pas ce qui manque … sur le chemin du retour entre Hsipaw et Mandalay, j’ai eu 15h de train pour constater les degats et voir le long des rails des dizaines de feu de brousailles. Le seul endroit veritablement vert et magnifique, je l’ai trouve dans le sud, lors de mon trajet en bateau de Mawlamyine a Hpa-an. Et quels paysages … des etendues vertes a perte de vue d’ou jaillissent des pics rocheux isoles. J’y ai admire le plus beau coucher de soleil du Myanmar. A part peut-etre celui sur le lac Inle.

J’ai teste pour vous quasiment tous les moyens de transport a disposition dans le pays. Sauf l’avion, je tiens encore a ma vie, j’ai encore plein de choses a vivre et de pays a visiter. Commencons par le bus. TOUS les bus sont des antiquites venant de Coree ou du Japon et on se demande comment ils font pour les faire rouler d’ailleurs bien souvent elles ne roulent pas … la climatisation que l’on vous promet en vous vendant le billet est a l’ancienne, les fenetres grandes ouvertes, je vous laisse imaginer le bus sans climatisation, j’y ai laisse des litres de sueur. Les routes sont je pense les pires que j’ai jamais vu, meme le Laos ne peut rivaliser, c’est dire. Le pire c’est que je ne peux pas decemment me plaindre, les routes sont faites a la main, litteralement, par des travailleurs forces. Les voir trimer en plein soleil, dans une chaleur de four et repandre le goudron prealablement chauffe dans de vieux bidons au dessus de feu de bois est a vous briser le coeur. Pendant le trajet les voyageurs ont egalement le droit de partager les gouts du chauffeur en terme de musique ou de film. La musique est un melange de reprises de vieilles chansons pop (abba, boney m, …) et de musique “traditionnelle” remise au gout du jour par des chanteurs et chanteuses qui chantent plus faux que moi. Et chanter plus faux que moi c’est tout un art. Les films ne montrent que des histoires d’amour, ou de la propagande sur fond d’histoire d’amour. Le pire a ete atteint lors du trajet Hpa-an – Yangon, avec un film de propagande nauseabond sur l’armee, montrant des videos du cyclone nargis, des elections et s’achevant en apotheose sur tout ce que le regime a fait et continue a faire pour le bien du peuple … a vomir. Dans le train, au moins, pas de tele, par contre, pas non plus de ponctualite … le trajet Hsipaw – Mandalay, entrepris en train uniquement sur les recommendation du lonely planet a propos de magnifiques vues et d’un pont au-dessus d’impressionantes gorges, a ete, comment dire, une aventure en soi. Comme la plupart des trajets ici, quelque soit la destination ou le moyen de transport. Donc. Le train devait partir a 9h pour arriver a 20h, au final nous sommes parti a 12h et nous sommes arrive a 2h du matin … Alors bon, oui, c’etait sympa, je me suis fait des copines quand elles ont decouvert mon mp3 et mon appareil photo, le pont au-dessus des gorges etaient vraiment impressionant, mais plus parce-que j’avais peur qu’il tombe en morceaux et les paysages, comme je l’ai deja dit etaient un peu monotones dans le genre feu de foret … ca ne valait pas vraiment la peine mais bon. L’arrivee a Mandalay a ete plutot difficile, a 2h du matin, pour commencer, et toutes les guesthouses etant completes. Au bout de la quatrieme, des larmes de frustrations aux bords des yeux, j’ai fini par en trouver une, affreusement chere mais je n’avais pas le choix. Le voyage en bateau entre Mawlamyine et Hpa-an a lui ete parfait. 6h au fil de l’eau, de village en village a travers des paysages splendides et pour finir un coucher de soleil a couper le souffle. Meme si le confort n’etait pas au rendez-vous, ca a ete un de mes meilleurs moment au Myanmar.

La pression du regime sur les birmans, il faut le voir, et le vivre, pour le croire. En plus de la continuelle propagande dans les bus longue-distance, les rues sont remplies de panneaux declarant (avec traduction en anglais pour que les etrangers ne se sentent pas du tout vises) que l’armee et le peuple ne sont qu’un et que les “critiques” sont des ennemis et des traitres. Internet est continuellement surveille et bien souvent coupe de sorte qu’il est impossible d’acceder a la moindre information sur ce qui se passe dans le monde et meme dans le pays. A part a Yangon. L’information justement est un enjeu considerable, les journeaux sont rempli de betises comme, par exemple, un article racontant comment une equipe de forage birmane, creusant en direction du centre de la terre pour savoir ce qui s’y trouve, a “decouvert” l’Enfer … avec des gens dans des cages qui hurlent … avec des flammes partout … avec des rires demoniaques … dans le meme temps, pas un mot, pas une fuite sur le tremblement de terre dans le nord. Moi je ne l’ai su que parce que m’a mere m’a demande des nouvelles, les birmans eux n’ont ete au courant que par le retour de l’information a travers la tele et la radio. Autre exemple, la fameuse revolte des moines a Mandalay : il a fallu attendre des semaines pour que les habitants de Yangon en entendent parler, apres la repression… Le cheminement de l’information marche comme ca : un evenement ce passe, les journalistes etrangers sont au courant, les quelques chaines etrangeres cablees et radio etrangeres disposant d’un programme en birman retransmettent l’information dans le pays. En effet une radio norvegienne ( ou suedoise) et deux chaines de tele americaines ont des programmes speciaux en birmans pour que les gens ici aient quand meme acces a un minimum d’information pas trop censuree. C’est incroyable, moi en tout cas, pour le dire vulgairement, ca m’a laissee sur le cul. Ce qui m’a rassuree, un peu, c’est que personne n’est dupe du regime, les quelques personnes avec qui j’ai eu la possibilite de discuter, que ce soit le restaurateur “aise” ou le chauffeur de moto-taxi use par la pauvrete, tous savent a quoi s’en tenir et tous se jetent sur les touristes pour leur parler de leur vie et de la politique. Voyager d’un etat a l’autre est egalement un parcours du combattant pour les birmans, comme le franchissement d’une frontiere entre pays, ils doivent passer plusieurs check-points sur la route et presenter a chaque fois leur carte d’identite et leurs bagages sont fouilles encore et encore. Enfin, du parti d’opposition je n’ai trouve que ca :

Autre aspect important de la vie des birmans, le bouddhisme, qui fait partie integrante de leur vie et meme les plus pauvres se ruinent un peu plus pour acheter des feuilles d’or qu’ils iront apposer sur les statues de bouddhas dans differents temples bien connus comme le bouddha Mahamuni a Mandalay. De meme, tous, hommes et femmes doivent, au moins une fois dans leur vie, entrer au monastere. La plupart profitent des vacances scolaires pendant la saison seche pour envoyer leurs enfants dans les monasteres et couvents, ce qui me convient parfaitement puisque ca m’a donne l’occasion d’assister a de nombreuses ceremonies d’entree dans les ordres. Pas de photos cependant, je ne me sentais pas de photographier ces moments trop important pour eux. Les moines au Myanmar sont donc consideres comme des hommes saints, et le respect que tous montrent est sans limites. Sauf que. De mon point de vue d’occidentale qui vient de lire les livres sur le bouddhisme et ses regles de vie, non seulement les moines ne sont pas saints, mais ils ne sont meme pas sains. Combien j’en ai vu fumer, meme des novices d’a peine douze ans … ou toucher les femmes sans s’en formaliser … ou toucher de l’argent … ou, pire que tout, jouer au foot et m’interdire de prendre des photos ! (je suis encore plus furieuse a propos des photos, mais j’en ai quand meme eu une, la plus precieuse de toutes !)

Mes meilleurs souvenirs du Myanmar ? Ma journee a velo a travers Bagan et ses milliers de temples saupoudres a travers la plaine et ma journee en bateau sur le lac Inle. Mais Bagan, Bagan … je suis tellement heureuse de l’avoir vu de m’y etre perdue pendant 4 jours, les photos ne pourront jamais rendre justice a cet endroit magnifique. Je ne peux que vous donner celle-la et laisser le reste a votre imagination.

Au final, pas mecontente de retourner en Thailande, j’ai un peu l’impression de rentrer a la maison, et apres un mois en Birmanie, la cuisine thai me manquait vraiment !

Maintenant, direction le centre de meditation ou je vais passer 21 jours, si je ne craque pas avant !

a bientot !

p.s : n’allez pas croire que le Myanmar c’est seulement ce qu’il y a dans cet article, c’est beaucoup, beaucoup plus, c’est le lac Inle dont je n’ai pas parle mais qui est magnifique, c’est Mandalay et sa population composee a 50/50 de moines et de motos, c’est Hsipaw et les ethnies des montagnes, c’est Yangon la fourmilliere entre passe, present et futur, c’est shwedagon paya, c’est les longyis, tubes de tissu portes par tous, c’est le tanaka, pate de bois de santal que les femmes etale sur leur visage … et tellement plus encore que malheureusement un pauvre article solitaire ne suffit pas pour tout raconter.

Bali, un mois sur l’ile des dieux

ou la presque sedentarisation …

Je suis arrivee a Bali le 1er fevrier apres 17h de bus passees a cote d’un nounours sentant le tabac froid, ronflant comme un moteur et tombant sur moi toutes les 5 minutes … autant dire que je n’ai pas ferme l’oeil de la nuit et que c’est legerement dans le potage que je suis descendue du bus a Denpasar. Mais il fallait encore rejoindre Ubud avant de pouvoir dormir. Les choses ont ete claires des le debut quand un des conducteurs de bemo (van-taxi-pourri) m’a repondu alors que je tentais de payer le meme prix que les locaux : “t’es touriste, tu paie plus” … bon … je suis prevenue. Une fois a Udub j’ai eu la chance de trouver tout de suite une chambre situee a l’arriere d’une maison balinaise traditionnelle avec une terrasse donnant directement sur le jardin, on se croirait au milieu de la jungle, avec les oiseaux, les ecureuils, les libellules et les colonnes de fourmis.

Apres tout ce que j’avais entendu dire sur Kuta, le ghetto balinais pour touristes, je m’attendais plus ou moins a decouvrir un Bali recouvert d’hotels et de villas mais decidement je suis trop pessimiste, vous vous rappellez les reportages a la tele ? (les meilleurs sur Arte et France5) et bien c’est pareil : des rizieres et des cocotiers partout, de vrai morceaux de jungle pas trop abimes, des rivieres et des cascades magnifiques, des femmes en sarong portant d’immenses paniers sur la tete, des temples partout, des maisons qui ressemblent a des temples, de l’encens et des offrandes devant chaque pas de porte … l’ile des dieux sans aucun doute.

Pour bien me mettre dans le bain j’ai commence mon sejour par parcourir Ubud a pied, beaucoup de boutiques de souvenirs, de cybercafes, de restaurants branches et de magasins de vetements, plus le “marche artisanal” mais il fallait s’y attendre, Ubud ce n’est pas Kuta mais c’est tout de meme tres (tres) touristique. J’ai egalement passe toutes mes soirees pendant une semaine aux spectacles de danse … Juste pour se mettre dans le bain, bien sur. A chaque fois j’ai ete ebahie par la maitrise de leur mouvements, tout le corps danse, des orteils jusqu’au mouvements des yeux, de la courbure des doigts au pli des genoux. Et, parce que tant qu’a y etre je veux etre aussi gracieuse qu’elles le sont, je me suis mis en tete de danser, moi aussi, et suis parti en quete d’un professeur.

Et je l’ai trouve ! (par hasard)

En fait je me suis inscrite pour un tour organise par l’office du tourisme a travers les principaux temples de l’ile. Nous avons visite entre autre le fameux temple Besakih, et, pour une fois que le Lonely planet ne dit pas de betise je me dois de passer le mot, Besakih est une experience tres decevante, non pour le temple en lui meme a qui je n’ai rien a reprocher, non plus pour son emplacement, a flanc de montagne avec une vue exeptionnelle, non, la ou je me revolte et je m’insurge, la ou je dis stop, “tu pousse le bouchon un peu trop loin maurice”, ce sont les locaux. Ca commence par une tentative honteuse de nous faire payer plus cher le billet d’entree, on continue en essayant de nous imposer un guide, puis on nous poursuis a travers tout le temple (qui est en fait un ensemble de temples) et ca finit par nous interdire l’entree du temple principal … dommage car par ailleurs les balinais sont extremement acceuillants, mais j’expliquerai ca plus tard. Quoi qu’il en soit j’ai prefere mille fois la visite aux sources sacrees. Ici des sources jaillissent dans un bassin a hauteur du temple principal, les eaux s’ecoulent ensuite dans un bassin plus profond ou hommes et femmes se baignent tout habilles pour se purifier et faire des offrandes. En contrebas l’eau des sources sers a se laver (je me suis retrouvee par hasard et rouge comme une tomate en face du bassin des hommes), et encore un peu plus bas on y lave le linge.

Au cours de ce periple a travers l’ile ou nous avons pu admire le lac volcanique Batur a travers la brume et les splendides rizieres, j’ai fait la causette avec notre chauffeur-guide et quand il a su que je cherchais un professeur de danse il a decide qu’il etait de son devoir de me presenter a sa “soeur” (en fait c’est la femme de son neveu mais ne chippotons pas, c’est la meme chose). Quand nous somme revenu a Ubud j’ai donc ete presentee a une femme discrete qui a vu d’oeil n’avait pas plus de 25 ans. Rendez-vous a ete pris : 10h tous les matins pendant une heure.

Soyons honnete a defaut d’etre douee : ca a ete, et jusqu’a demain, se sera encore, un calvaire. Je ne suis pas souple, je ne l’ai jamais ete a part peut etre quand bebe j’attrapais mes pieds et me sucais les orteils (mais c’est pas prouve), et mes articulations sont completement rouillees. Dis comme ca, ca commence mal hein ? Mais en fait, malgre ma cheville gauche qui fait des bruits bizarres et mes genoux qui ne plient plus, tout va bien et j’ai adore chaque minute. Non la j’exagere … il y a eu des moment de frustration (je n’arrive pas a plier assez mes genoux),  de vexation (j’ai mis deux heures a retenir un mouvement) et de fatigue (tenir les bras leves au niveau des yeux en bougeant seulement les poignets c’est atroce), mais malgre tout j’ai adore, je me suis regalee et quand maintenant j’arrive a mener la danse du debut a la fin sans erreurs, c’est une satisfaction immense et un vrai plaisir. A cote de ca, j’ai fait la connaissance de Lis, ma prof, une jeune femme de 31 ans (qui ne les fait decidement pas) d’une gentillesse extraordinaire avec qui j’ai papote pendant les pauses et apres les lecons, qui m’a emmenee visiter sa famille et la campagne autour d’Ubud, qui avec son mari m’a accompagnee pour acheter mon billet de bus pour Jakarta, mari qui, apres-demain m’emmenera a la gare routiere de Denpasar prendre mon bus a 6h du matin ! Qui m’on invite a diner, aide a faire mes courses au marche bref se sont occupes de moi comme si j’etais un membre de la famille. J’ai aussi fait la connaissance d’Ayu, une pile electrique montee sur ressorts et qui, plus forte que duracel, fonctionne depuis deja 4 ans. Grace a elle j’ai un nouveau nom, je ne suis pas Camille, je ne suis meme pas Camy (plus facile a prononcer en anglais), non, je suis Tamy, criee sur tout les tons du plus loin qu’elle me voit. J’ai meme eu droit hier a ma petite heure de gloire, habillee et maquillee comme les danseuses balinaises pour prendre des photos et meme faire un film ! la classe !

De mon sejour a Bali je retiendrais aussi les magnifiques funerailles auquelles j’ai pu assister : la cremation de trois membres de la famille royale. Tout d’abord il y a eu la toilette des morts ou seule moi et un autre etranger etions present. Les corps sont laves et parfumes tandis qu’on brule de l’encens, qu’on fait des offrandes et qu’on chante. Le lendemain les corps, transportes dans des cerceuils provisoires sont emmenes au lieu de la cremation sur des pyramides de bambous et d’etoffes portees sur les epaules de cinquantaine d’hommes courant avec leur fardeau dans la rue principale, suivis par des orchestres de tambours, de gongs et de cymbales. D’immenses taureaux de bois sont installes devant le cimetiere et on decoupe leur dos pour poser les corps dans leur ventre avec offrandes, vetements, huiles parfumees, bijoux etc etc, puis on y met le feu. Je pensais que ca serai long mais en quelques minutes les taureaux sont completement detruit et, au final, ce qui reste se sont les corps qui tombent entre les pattes de bois au milieu de plaques metaliques dressees pour empecher les flammes de s’echapper et qui sont “finis” au lance-flammes de fortune.

Je dois quand meme expliquer pourquoi je suis restee un mois ici, ce qui n’etait pas prevu du tout. Au depart j’avais prevu de rester une semaine a Bali puis d’enchainer sur Flores en passant par Komodo pour voir les lezards geants (mon reve). Apres avoir commence a danser j’ai decide de rester une semaine de plus. Mais decidement l’Indonesie aura ete le pays des frustrations et deceptions, et j’ai appris que la mer etant trop mauvaise, aucun bateau ne s’aventure aux alentours de Komodo avant mars … et comme un malheur n’arrive jamais seul j’ai eu l’idee saugrenue de consulter mon compte en banque, pour m’appercevoir que, sans etre dans le rouge (pour l’instant) il etait imperatif de reduire les depenses au minimum. Adieu donc Komodo et adieu Flores, je reste a Ubud. Mais je me venge en prenant des lecons tous les jours !

Et voila que le mois de fevrier touche a sa fin, le 27 j’embarque pour 24h de bus en direction de Jakarta immediatement suivi d’un vol pour Kuala Lumpur ou je resterai le temps de faire mon visa pour le Myanmar. Je suis contente de reprendre la route, au bout d’un mois j’ai envie de voir autre chose et de refaire mon sac, je suis plus qu’impatiente maintenant de decouvrir Bagan …

Myanmar, here I come !

fuir Java et trouver Solo

Comme je l’ai dis dans l’article precedent grace aux aleas aeroportuaires je me suis retrouvee a Jakarta et non Denpasar comme il etait pourtant prevu. Malgre ce petit decalage j’etais contente, Java ca voulait dire, danse traditionnelle javanaise, concert de gamelan, theatre des wayang kulit et theatre des wayang golek. Et volcans ! Mais tout d’abord, qu’est ce que c’est que les wayang kulit et wayang golek ? Les wayang kulit sont des marionettes faites de cuir de buffle et tenues droites par une corne de buffle sculptee (peaux et cornes viennent souvent du pays Toraja, rien ne se perd), le cuir est perce d’une multitude de petits trous puis peint, on se sert de ces marionnettes pour le theatre d’ombre. Les wayang golek sont des marionettes en bois sculpte et peint. Voila pour l’introduction.

Aussitot arrivee a Jakarta je me precipite au centre d’informations touristiques pour savoir ce qu’il est possible de faire ici. Apparemment pas grand chose. Nous ne sommes pas en saison touristique, plutot le contraire et Jakarta n’est, de toute facon, pas vraiment taillee pour les touristes. C’est une ville monstrueuse, tentaculaire, bruyante, puante, polluee et j’en passe, marcher dans cette ville releve du suicide. Il n’y avait donc aucun spectacle de prevu, le Krakatau (volcan situe entre Java et Sumatra) etait (et est toujours) interdit d’acces en raison de son activite de ces dernieres semaines et le nombre de musees interessant se reduit a un. Je me suis donc echouee dans une guesthouse ou se sont echoues avant moi des sri-lankais en attente de visa pour l’Australie (certains sont la depuis 6 ans) et nous avons partage pour une soiree repas, cacahouetes, the et souvenirs. Le lendemain avec une belge rencontre en chemin nous sommes allees visiter la “vieille” ville avec ses anciens batiments coloniaux, le vieux port et surtout le musee des marionettes. Et c’est la que j’ai craque : a la fin de la visite j’ai achete trois wayang golek, et ce n’etait que le debut … Il faut savoir qu’en indonesie les musees ne sont ouvert que de 8h (pour les plus matinaux) a 14h (au plus tard) du coup les apres-midi sont longues, chaudes et pleines d’ennui, pour y palier j’ai pris le jour meme le train pour Bogor.

A Bogor, ville depuis longtemps absorbee dans la banlieue de Jakarta, il n’y a pas de musee et la seule vraie attraction c’est l’immense jardin botanique … et l’atelier de wayang golek … trois marionettes de plus mais j’ai ete raisonnable, si je m’etais ecoutee, je serai repartie avec 6 marionettes, trois c’est un bon compromis non ? Ensuite direction le jardin botanique ou je me suis fait litteralement harcelee par des lyceens armes de questionnaires et d’appareils photo. Apres m’etre perdu dans des allees trop larges et sans ombre dans une chaleur de four a la recherche de la serre des orchidees qui au final n’en valait pas la peine j’ai decide de fuir, fuir le jardin, fuir ces adolescents qui veulent tous ma photo, fuir Bogor. Direction Bandung.

A Bandung je n’ai fait qu’un saut, en voyant la ville j’ai cru etre de retour a Jakarta et j’ai immediatemment pris le train pour la cite benie de Yogyakarta que tout le monde dit merveilleuse et qui surtout compte dans son voisinnage les temples de Borobudur et Prambanan, j’etais en manque !

Yogyakarta, desolee si je fais ma rabat-joie, n’a rien d’une ville agreable. Certes le quartier touristique a tout ce qu’il faut pour satisfaire le touriste le plus exigeant, mais les gens ici sont blases, mille fois par jour j’ai du dire non a des conducteur de becak (velo avec un siege devant pour les passagers) qui continuaient de me suivre et de me repeter sur tous les tons “becak becak”, mille fois j’ai du dire non a des types tout sourires qui voulaient me “montrer leur gallerie d’art”, mille fois j’ai du batailler ferme pour ne pas me faire escroquer sur les prix, bref on est loin de la ville bouillonante de culture qu’on m’avait depeint. Il y a neanmoins des choses a faire a Yogya, il y a le Kraton dont le viste se fait au pas de course mais ou j’ai pu acheter un wayang golek issu des collections du palais. En effet le katon donne, entre autre, des representations de wayang golek (auxquelles j’ai assiste) et quand les poupees sont trop vieilles ils les vendent. J’ai aussi visite un musee sur la culture javanaise et assiste a un spectacle de wayang kulit qui y avait lieu, visite Prambanan sous la pluie et vu le fameux ballet Ramayana qui y est donne. Comme j’etais arrivee en avance j’ai pu voir les repetitions que j’ai finalement preferees au spectacle lui-meme. Et, pour finir, j’ai pu visiter Borobudur. C’est la, a Borobudur, que je m’en suis rendue compte. Je ne ressentais rien. C’est beau, bien sur, mais aucune emotion, rien qui se rapproche un tant soit peu de ce que j’avais ressenti a Angkor. Serai-je … blasee ? Je m’en suis voulue de ne pas etre ebahie devant ce temple magnifique qui a pourtant tout ce que j’aime, des bas-reliefs somptueux, une forme originale et une vue magnifique sur la campagne alentours, je m’en suis voulue au point de rester assise sur un banc pendant une bonne demi-heure a essayer de m’impregner du lieu et de comprendre pourquoi je restais impermeable. Une restauration “trop” parfaite ? l’esprit epuise par un chapelet de villes trop grandes et trop bruyantes ? ou tout simplement blasee par tout ce que j’ai deja vu et fatiguee de ces 5 mois de voyage … Je ne sais pas. Apres quoi j’ai fui Yogya. Je pensais grimper le Merapi et le Bromo mais la encore l’ascension est impossible et de toute facon interdite, tous les volcans de Java semblent s’etre donnes le mot et tous ont un regain d’activite qui ne presage rien de bon. Je me suis donc arretee a Solo.

Solo je m’y suis arretee en desespoir de cause, un peu par hasard, surtout parce que les danses javanaises y sont tres developpees. Et j’ai bien fait. Solo c’est l’Indonesie que j’imaginais, preservee des touristes, ville a taille humaine ou on ne vous aborde pas a chaque coin de rue pour avoir votre photo. Les gens ici sont plus reserves, plus conservateurs aussi mais surtout plus aimables et acceuillants quand on va vers eux, le traffic n’empeche pas de traverser la rue, les echoppes de rue sont partout proposant les plats traditionnels de la ville, des patisseries arabes ou des fritures, bananes, legumes, tofu etc. A toute heure du jour, et de la nuit, on entend d’un bout a l’autre de la ville les appels a la priere et la voix de l’imam de l’autre cote du mur de la guesthouse vient cogner contre ma fenetre tous les jours des 5h du matin. Et ma guesthouse tiens, il faut en parler : une ancienne demeure traditionnelle, immense et blanche avec de grand miroirs et des lustres ouvrages qui servent de nids aux oiseaux, situee dans une petite rue etroite comme il y en a tant ici et ou la vie des habitants se deroule tranquillement au rythme de la priere. J’ai pu assister aux repetitions de danse des enfants, maladroits et loin encore d’avoir la grace des adultes si ce n’est peut etre dans la cambrure des doigts. Les repetitions des adultes sont plus impressionantes et plus gracieuses. Je suis aussi restee assise sous le pavillon du palais pendant deux heures a ecouter la musique hypnotisante de l’orchestre de gamelan. Et je regrette de devoir partir. Solo m’a redonnee le gout de l’Indonesie que je croyais ne jamais retrouver, elle a apaisee ma deception car la culture javanaise ici est toujours bien vivante et celebree.

Cet apres-midi je pars pour Denpasar, 18h de bus en persective et l’espoir de trouver la bas, et surtout a Ubud, une culture aussi vivante et des habitants aussi gentils. Il est plus que probable que dans les petites iles l’acces internet s’il est disponible sera un luxe, le prochain article viendra donc surement apres mon retour a Kuala Lumpur, le 1er mars.

a bientot !

Tana Toraja

Des le debut ca ete la folie …

Avant de parler du pays Toraja, il faut quand meme que je vous raconte comment je suis arrivee la, c’est pas triste. Ca commence a Tawau, Sabah, Malaisie ou je devais embarquer sur le bateau en direction de Tarakan, Indonesie. Manque de pot, un responsable de la compagnie m’explique qu’aujourd’hui il n’y a pas de bateau pour Tarakan, il s’arrete a Nunukan mais pas de panique, un bateau part de Nunukan pour Tarakan dans l’apres-midi. J’aurai du me mefier bien sur … mais je n’avais pas vraiment le choix. Le voyage vers Nunukan ce passe sans probleme, c’est arrive la que ca ce gate, parce que, bien sur, il n’y a pas de bateau pour Tarakan, ou plutot, il est parti ce matin et il faut attendre demain ou louer un bateau a moteur. Pour parfaire le tableau, personne ne parle un mot d’anglais mais j’etais prevenu, a Tawau ca ete pareil, soudainement plus personne ne parlait anglais. Bref. J’avise un couple de malaisiens en vacance et ce rendant au meme endroit que moi (Balikpapan, Kalimantan, Borneo, Indonesie) et bien qu’ils ne parlent pas anglais non plus on fini par decider de faire le voyage ensemble, peu importe comment. A ce moment la, notre sauveur arrive, sous les traits du pasteur de l’ile qui, lui, parle anglais, et se propose de nous aider. Il nous emmene donc en voiture a l’unique agence de voyage de l’ile ou nous reservons des billets d’avion pour Balikpapan via Tarakan puis nous depose a notre hotel, en fait le seul de l’ile. Le lendemain il etait la pour nous amener a l’aerodrome. Du voyage jusqu’a Balikpapan je ne dirai rien d’autre que ca : les avions ont eu 1h de retard a chaque fois. Arrivee a Balikpapan je me dis que mon calvaire est fini, c’est la plus grande ville du Borneo indonesien, il y aura bien quelques anglophones. Grossiere erreur ! J’ai mis 3h a trouve un cybercafe parce que la carte du lonely planet etait fausse et personne n’a pu m’aider … sachant que le mot en indonesien, je l’ai appris plus tard, est “warnet”. Je vous epargne le reste des mesaventures de la matinee, disons pour simplifier que je me suis rendue compte que je ne pourrai jamais voyager seule a Kalimantan, trop cher avec les agences de voyage, trop complique voire impossible par moi-meme. L’apres-midi meme j’etais dans l’avion pour Manado, Sulawesi, Indonesie. La encore, grossiere erreur …

Au depart j’avais prevu d’aller faire du snorkelling sur l’ile de Bunaken, mais en fait je n’en avais pas vraiment envie du coup je decide sur un coup de tete d’aller a l’aeroport pour prendre le premier avion ou il y aura de la place. Seulement voila, l’avion etant le principal moyen de deplacement en indonesie presque tous les vols etaient plein et ceux m’interressant ne volaient pas aujourd’hui. Apres 2h a aller d’une compagnie a une autre j’ai trouve un vol pour Macassar, ou j’ai passe la nuit, avant de prendre le bus pour Rantepao dans le pays Toraja, une region du centre de Sulawesi ou les anciennes coutumes sont encore de mise. Arriver jusqu’a la gare des bus a Macassar a ete une aventure en soi, a base de bemo (minivan-taxi-decrepi) qui oubli de me poser a la gare et de 2km a pieds sous le soleil avec un sac de 12kg sur le dos et un de 8kg sur le ventre agremente des habituelles blagues salaces sur mon passage. L’Indonesie se revele un pays ou voyager seule est vraiment epuisant.

A l’arrivee a Rantepao, mon bus me pose devant l’hotel que j’ai choisi, ca c’est chouette, ce qui l’est moins c’est que je me rends compte, une fois installee dans ma chambre, que j’ai oublie mon portefeuille dans le bus … avec mon passeport, mon argent, mes cartes bancaire etc etc. Paniquee je descend a la reception et avise le gars qui m’a aborde a mon arrivee en ce presentant comme etant guide dans la region, et lui explique la situation, et lui, dans un francais a faire palir de jalousie BHL, me dis de venir avec lui a l’agence de bus. Apres quelques minutes de vrai gros stress le bus arrive et mon portefeuille avec lui, entier, ouf. Apres une douche bien meritee je retrouve le guide, Yoan, pour discuter de ce que l’on peut faire les prochains jours. Finalement nous nous arretons sur le programme suivant :

1er jour au pays Toraja. Visite de Lemo et ses tombes dans la falaise, Tampagallo et ses cerceuils suspendus, Ke’te Kesu le village traditionel avec ses maisons et greniers a riz sculptes et peints et Kambira ou ce trouve un arbre creux utilise comme sepulture pour les bebes morts avant d’avoir leurs dents (ames pures). Chaque site est absolument magnifique. A cotes des tombes ce trouve les fameux tau-tau, sculptures a l’effigie du mort qui gardent les portes des tombes et que les collectionneurs peu scrupuleux volent frequemment, au point que maintenant les torajas remplacent les tau-tau originaux par d’autres plus recents et sans grande valeur. Je fais aussi connaissance avec les routes de la region, des chemins caillouteux et\ou boueux qui mettent les vehicules a rude epreuve, et mes fesses, posees sur la moto de mon guide, aussi.

2eme jour au pays Toraja. Aujourd’hui a lieu une ceremonie funeraire traditionnelle et j’ai de la chance, la famille du mort est noble et riche, ce qui veut dire ceremonie grandiose, procession, danses, sacrifices de buffles (plus de 100 en trois jours), de cochons et meme d’un cheval. Apres plusieurs mois pendant lesquels le mort est garde dans la maison, le temps d’organiser les festivites, la famille, les amis de la famille et les amis des amis de la famille se rassemblent pour une semaine de rejouissances. Ca commence par des offrandes de the et de cigarettes aux invites suivi d’un repas de riz et de viande de porc cuite dans un bambou avec pas mal de piment. Ensuite les “activites” commencent. Tout d’abord les hommes se mettent en cercle et chantent pour le mort, puis un petit concert de flutes en bambou est donne. Ensuite une procession est organisee qui fera le tour de la “place du village” trois fois de suite. La procession est guidee par un vieil homme qui danse et pousse des cris suivi par un garcon qui tient la photo du mort et des enfants en costume traditionnel. Viennent ensuite les femmes de la famille marchant sous un tissu rouge puis le cerceuil en bois dans un catafalque, lui-meme sur une structure de bambou portee sur les epaules des jeunes hommes de la famille, suivent la sculpture a l’effigie du mort qui gardera sa tombe portee elle aussi sur une structure en bambou par les hommes plus ages et le fauteuil ou se trouve la veuve du mort. Il y a ensuite un gong, des hommes portant des bambous hauts de 5m avec des drapeaux au bout, des guerriers reproduisant les danses de guerre, des tambours et une petite fille sur un cheval recouvert de clochettes,le tout au sons des chants, des cris, des rires et des femmes pillant le riz. Une fois les hommes epuises d’avoir porte le cerceuil celui-ci est transporte dans la tribune d’honneur en haut d’un escalier tres raide. A ce moment la procession s’arrete et on amene les premiers buffles a etre sacrifies. Ca va tres vite, en quelques secondes l’homme a tranche la gorge du buffle d’ou coule des flots de sang et sans un bruit l’animal s’ecroule. Pendant quelques minutes son corps est parcouru de frissons tandis qu’une mare de sang se forme autour de sa tete puis plus rien, il est temps de passer au suivant. Par “bonheur” le sacrifice du cheval n’etait pas prevu pour aujourd’hui, je crois que je n’aurai pas supporte, au bout de trois buffles j’avais deja la nausee. Apres un break nous revenons en fin d’apres-midi pour assister au combat de buffles qui se tient dans un pre situe derriere le lieu des festivites, pas de panique il n’y a pas d’effusion de sang, le vaincu s’enfui toujours … et c’est la que moi ca commence a me plaire, parce que bizarrement, le vaincu semble toujours s’enfuir en direction de la foule la plus proche. Mon guide m’explique donc gentiment, que, quand je vois tout le monde s’enfuir, je ne reflechi pas et je fais pareil. Ok. 1er combat, les buffles sont enormes, et se tournent autour pendant un bon 1/4d’heureavant de se jeter l’un sur l’autre tete la premiere. Moi je me dis que c’est le bon moment pour m’approcher et faire une belle photo mais j’ai a peine rejoint les hommes qui se tiennent autour des animaux (me cachant la vue) que je les voit tous courir en sens inverse ! mon guide me depasse a toute allure en criant “cours !”, merci du conseil ! Je fais immediatement volte face et cours et me retrouve coincee dans un coin entre deux batiments avec les buffles qui me fonce droit dessus … il est trop tard pour esperer m’enfuir, grosse panique … et puis, le poursuivant ayant ete rattrape par son proprietaire, le poursuivi s’arrete, a environ 2m de moi. J’attends qu’on l’emmene et j’explose de rire, l’adrenaline a des effets etonnants. Apres ca nous avons assiste a plusieurs autres combats et nous avons bien du courir comme des fous 3 ou 4 fois. Je ne critiquerai plus jamais les gens qui font les ferias … enfin si je critiquerai encore, mais je peux comprendre maintenant pourquoi ils continuent malgre le danger evident.

3eme et 4eme jour au pays Toraja. Au matin du 3eme jour nous partons pour Tikala en kijang (4×4 public allant d’un village a l’autre) ou va commencer un trek de 2 jours dans les montagnes autour de Rantepao, la ou se trouve les villages les plus isoles. Pendant ces 6h de marche jusqu’a Linbong nous traversons des rizieres, une riviere et beaucoup de ruisseaux, des villages ou les enfants crient alternativement “gula-gula” (bonbon) et “belanda” (litteralement ‘hollandais’ mais ici tous les touristes sont forcement hollandais), des forets de sapins rempli de cigalles etc etc. A 16h30 nous arrivons a Linbong, village isole par l’absence de route et d’electricite ou nous allons passer la nuit dans une maison traditionelle toraja. Pas d’eau courante, on se lave avec l’eau du puit. Des enfants courent dans tous les sens suivis par les poulets et les chiens. A 18h il fait nuit et a 20h c’est a la lumiere d’une ampoule en fin de vie alimentee par un generateur lui-meme a l’article de la mort que nous prenons notre repas assis sur des nattes posees au sol. Epuisee, je vais me coucher dans mon lit en bois qui craque au moindre mouvement de cheveux, accompagnee par les araignees et tous leurs amis. Au matin du 4eme jour je suis reveillee a 6h par les coqs et la vie qui commence a s’eveiller dans le village. Yoan et moi reprenons la route vers 9h30 direction le village (dont j’ai oublie le nom) a 4h de marche, d’ou nous prendrons un kijang pour Rantepao.

5eme jour au pays toraja. Aujourd’hui nous avons visite le marche de Rantepao qui se tient tous les 6 jours et est le plus important de la region, il n’est pas rare de voir des gens qui sont venu de tres loin pour vendre ou acheter des buffles ou plus simplement des fruits et legumes, du poisson, des poulets, des coqs de combats, des tissus et vetements, de l’artisanat ou des produits de tous les jours. C’est bruyant, l’odeur dans le quartier des poissons est atroce et il y a un monde fou mais c’est aussi plein de couleurs, de rires, de discussions, de marchandages etc. Au bout d’une heure je declare forfait, et nous partons pour Sa’dan, autrefois chouchou des touristes pour ses tissus et aujourd’hui delaisse parce que devenu trop touristique. L’endroit est magnifique avec la riviere aux pieds des maisons traditionelles. Une jeune femme me propose de me montrer le tissage traditionel et prend la pose pour que je la photographie, une fois l’appareil range il est temps de passer aux choses serieuses et elle deplie devant moi tous ses tissus, le marchandage dure une bonne 1/2h et je repars avec deux grandes pieces de tissus apparemment fait main, je suis sceptique mais peu importe, ils sont beaux c’est grosso modo tout ce que je demande. Nous partons ensuite pour Batutumonga, dont la vue sur la vallee est a couper le souffle. Sur le chemin du retour le pneu arriere de la moto creve, ca ne fait que la troisieme fois que ca m’arrive depuis le debut du voyage, je vais finir par croire que c’est de ma faute.

De retour a Rantepao la pluie qui nous a epargne cette semaine se dechaine est je suis plutot contente d’avoir mon billet pour Macassar. De la j’irai directement a l’aeroport et prendrai le premier avion pour Bali.

A suivre !

P.S : arrivee a l’aeroport, tous les avions pour Bali etant pleins, me voila a Jakarta !

le Kinabalu

(ecrit le 29/12)

A force de lire le Lonely Planet en long en large et en travers, a force de lire les blogs d’autres voyageurs sur internet et a force d’entendre d’autres voyageurs en parler, je me suis decidee, comme souvent sur un coup de tete, a me lancer dans quelque chose d’incroyable. Pour moi. Le Kinabalu c’est 4095m ou quelque chose comme ca, c’est aussi la plus haute montagne d’Asie du sud-est et l’attraction principale de Malaisie. C’est surtout des escaliers interminables, pendant 5-7h la premiere journee et la meme en descente le lendemain, sans oublier a 2h du matin, l’ascension, a la lampe frontale, jusqu’au sommet pour admirer le lever de soleil. Et comme je fais les choses bien et que je ne vais pas grimper une fichue montagne au risque de me casser les genoux sans une tres tres tres bonne raison, je me suis arrangee pour y aller admirer le premier lever de soleil de 2011.

Ce n’est pas une aventure dans laquelle se lancer a la legere, comme je l’ai dis, l’ascension ce n’est pas un sentier au milieu de la jungle, c’est un foutu escalier au milieu de la jungle, en tout cas pour la premiere journee. Et croyez moi, au point ou j’en suis, marcher pendant des heures ne me fais plus peur par contre monter un escalier pendant des heures, la je me sens un peu moins sure de mes forces … je suis surtout moins sure de mes genoux, particulierement du droit qui pour une raison inconnue me fait de temps en temps des frayeurs. Malheureusement pour moi, ou heureusement va savoir, j’en ai tellement parle, j’ai meme deja achete un peu d’equipement (dont une lampe frontale qui ne marche pas, forcement), que maintenant j’ai deux compagnons, une australienne un peu folle, Justine  et un suedois, Robin que je dois retrouver le 30 au soir dans une guesthouse au pied de la montagne pour le repas du condamne avant d’attaquer le lendemain matin (le 31 donc) l’ascension de la-dite montagne.

(ecrit le 3/01)

Quelques changements ont eu lieu dans le programme de ces derniers jours, premierement j’ai rencontre des hollandais (et oui encore), un couple Clare et Marteen, un “ancien”, Pit, 60 ans, et Jan, mon age, a la guesthouse et nous avons donc rejoins tous ensemble la guesthouse ou je devais retrouver Justine et Robin. Deuxiemement, comme ils n’avaient pas reserve un lit au refuge, nous sommes alles au comptoir pour nous enregistrer et pour moi verifier que ma reservation etait toujours valable. Bonne idee car la fille au telephone n’a rien compris a ce que je lui avais dis et au lieu de booker pour le 31, elle a compris le 21 … adieu premier lever de soleil de 2011. Les hollandais et moi avons donc reserve pour le 1er janvier et je peux vous dire que ce reveillon du nouvel an a ete le plus ennuyeux qui soit, la guesthouse etant tenue par des musulmans, pas d’alcool et de toute facon nous etions si fatigues par une journee de trek sous la pluie que nous nous sommes endormis bien avant minuit. Justine et Robin eux ont pu passer le reveillon au refuge … J’avoue que j’etais un peu (beaucoup) degoutee, mais c’est la vie, rien ne se passe vraiment comme on l’a prevu et c’est parfois mieux comme ca.

Le 1er janvier, 7h du matin reveil et embrassades, nouvel an a l’heure europeenne. Petit dejeuner et direction la montagne, dans des chaussures deja humides de la veille, un bonheur … Avant de commencer, il faut que je vous decrive rapidement le mont Kinabalu, que vous ayez une idee de ce qui m’attendait et que moi je ne savais pas. Le Kinabalu c’est 6km jusqu’au refuge situe a plus de 3200m et tout ca sous la forme d’escaliers avec bien sur des marches inegales et trop hautes pour tout etre humain normalement constitue. Le Kinabalu c’est ensuite 2km du refuge au sommet, situe a plus de 4000m d’altitude la derniere partie ressemblant plus a de l’escalade, tout ca sur une plaque de granite glissante. Revenons a nos moutons. Assez rapidement, au bout du 1er kilometre pour etre exacte, il etait clair que je ne tiendrais pas le rythme du groupe, nous nous sommes donc separes et je suis restee avec le guide. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je ne suis pas exactement le profil type de la sportive accomplie, plutot le contraire. En chemin j’ai double pas mal d’asiatiques en difficulte, croise beaucoup d’ecureuils pas vraiment farouches et observe oiseaux, plantes, arbres et fleurs magnifiques. Vu que j’ai eu besoin de reprendre mon souffle tous les 100m, j’ai eu le temps de regarder autour de moi ! Je suis finalement arrivee au refuge au bout de 4h40 de montee, le dernier kilometre etant le pire, a cause de la pluie et parce que l’escalier devient un assemblage de blocs de pierre affreusement raide a monter. Nous avons ensuite rejoins notre chambre, sans chauffage sinon c’est pas drole et avons du faire chauffer de l’eau dans les bouilloires pour avoir une douche non-gelee. a 20h tout le monde dormait, sauf ces ************* de taiwanais qui ont continue a faire du bruit jusque tard dans la nuit, au moins jusqu’a 23h ! (les salauds). Le 2 janvier, reveil difficile a 2h du matin, petit dejeuner et depart pour le sommet a 3h, le lever de soleil ayant lieu plus ou moins a 6h. Encore une fois je me suis retrouvee derriere avec le guide mais franchement pas de complexe, ce qui compte ce n’est pas le temps que je mets a arriver au sommet mais simplement le fait d’y arriver a ce fichu sommet. Et la je tiens a remercier le guide, John, sans qui je n’aurai jamais pu arriver au bout. J’etais si fatiguee, mes jambes si lourdes, ma respiration si difficile, que s’il n’avait pas pris les choses en main, marchant doucement devant moi m’imposant ainsi un rythme lent mais necessaire et efficace, me montrant ou poser mes pieds et les passages les plus faciles, je crois que j’aurai abandonne en chemin. Mais je l’ai fait. Ca m’a pris 2h30 pour arriver au sommet, juste a temps pour geler sur place pendant une 1/2h a attendre le soleil. Et quel soleil … Petit a petit on devine les pics alentours et la plaque de granite en contrebas, puis les contours des pics deviennent plus clairs, on voit les vallees, loin en bas sur lesquelles planent les nuages d’ou emergent d’autre pics montagneux. La vue en pleine lumiere est a couper le souffle, tout comme le vent qui vous gele les os. Et puis finalement, il faut redescendre … meme si c’est plus rapide, ce n’est pas vraiment plus facile, les passages ou il  fallu s’accrocher a la corde pour monter a la force des bras doivent etre descendu en marche arriere, il faut faire attention a ne pas glisser la ou de petites rivieres devalent la roche et doucement mais surement, les cuisses et les genoux commencent a protester, bien plus qu’a la montee. De retour au refuge pour le deuxieme petit dejeuner, mes jambes tremblent deja trop fort. 9h10, debut de la descente. Au bout de 2km Clare et Marteen nous laissent sur place et apres 4km c’est Jan qui disparait dans un tournant. La fin du trek se fera donc entre moi, Pit et John (le guide) rejoins ensuite par un autre petit groupe. 3h20 pour la descente, pas si mal, malgre mes genoux en gelee et mes cuisses dures comme du bois !

Et voila, je l’ai fait ! Franchement ca ete une experience incroyable autant pour la vue une fois la haut que pour le fait de me dire que c’est quelque chose que meme quelqu’un d’aussi sportif que moi, avec de la volonte, avec un rythme qui lui convient sans chercher a suivre les autres et avec un guide sympa, peu accomplir. Ca va vous sembler egocentrique mais s’il y a une chose dont je me souviendrais toute ma vie c’est que j’ai reussi a grimper le mont Kinabalu et je suis super fiere de moi.

une semaine a Kuching, Borneo …

Par ou je vais bien pouvoir commencer ? Probablement par le debut meme si c’est le moins drole, peut etre meme le plus triste. Borneo ca a commence assez mal je dois dire, par une mauvaise rencontre a l’aeroport de Kuala Lumpur, un mauvais cafe et plusieurs heures disparues je ne sais ou. A vrai dire je me pose encore pas mal de questions, la derniere chose dont je me souviens etant que je me suis enfermee dans les toilettes des dames quand j’ai compris (trop tard) ce qui se passait, on etait samedi vers 11h30,  quand je me suis reveillee on etait dimanche, 2h du matin et je ne savais pas ou j’etais. Mon premier reflexe a ete de me lever et de partir pour le commisariat le plus proche mais je ne me rapelle pas comment j’y suis arrivee ni comment je suis revenue a la guesthouse, je ne me rapelle pas comment j’ai pu prendre l’avion, je ne me rapelle pas avoir achete un livre qui pourtant c’est retrouve dans mon sac … Ce que je sais en revanche pour rassurer les foules parce que je comprends que certains doivent etre entrain de faire une crise cardiaque, c’est qu’il n’est rien arrive de grave et de ca je suis sure. Au final, plus de peur (beaucoup) que de mal ( pas du tout) et une nouvelle fois la preuve que malheureusement on ne peut pas faire confiance a tout le monde, a force de rencontrer des gens supers je l’avais oublie … Heureusement, meme si je n’ai aucun souvenir de la facon dont j’y ai atteri, la guesthouse m’a bien remise sur pieds, ou plutot ses proprietaires qui se sont occupes de moi comme d’un membre de leur famille.

Ma vie a donc repris son cours normal le lundi suivant en commencant par une journee shopping dans les boutiques de souvenirs de Kuching. Mardi idem.

Mercredi et jeudi direction le parc national Bako pour ma premiere immersion dans la foret pluviale de Borneo … J’ai rencontre Mickael, un ecossais (pas anglais hein, faut pas confondre !) et Melissa une canadienne francophone formant a eux deux le duo de voyageurs le plus mal assorti qu’il m’ai ete donne de rencontrer. Avec Than, un malais, nous sommes parti pour une randonnee de 5h (2h30 aller) au milieu de la jungle et la attention, les arbres ont des epines de porc-epics, les plantes sont carnivores, les pierres glissantes, les feuilles mortes cachent des trous dans le sol, les racines semblent vous attraper les chevilles bref je suis plutot contente de m’en etre sortie avec seulement quelques egratignures et un pantalon dechire. Mais ca en valait la peine ! Un millier de fois meme. La nature ici est comme folle, belle et renversante. L’arrivee a la cascade couleur de feuille morte a ete un moment magique et la baignade dans son eau fraiche un vrai bonheur apres tant de marche. Mickael, Than et moi nous sommes baignes pendant une bonne heure avant de nous resoudre a prendre le chemin du retour. Le lendemain petite randonnee de 3h aller-retour jusqu’a une plage de carte postale sur le chemin de laquelle nous avons croise les fameux singes proboscis, magique, encore. Ensuite retour au camp puis promenade sur la plage et a nouveau des singes partout, des rochers aux couleurs incroyables et une vegetation d’un vert emeraude comme dans mes reves. Et puis retour a Kuching. Mais pas pour longtemps …

Vendredi et samedi, visite d’une longhouse Iban et festival pour la memoire des morts. Ca a donc demarre par 4h de bus direction Sri Amman dans l’interieur des terres puis trajet en voiture avec un petit vieux ne pipant pas un mot d’anglais direction la longhouse ou m’attendais mon guide pour ces deux jours. Tout d’abord presentation de ce qu’est une longhouse pour tous ceux qui ne connaissent pas le concept : la longhouse c’est un type d’habitation ou on a une grande maison separee en plusieurs petites liees par un grand couloir a l’entree et ou vivent plusieurs famille plus ou moins toutes liees par le sang ou le marriage. Ca peut aller de 6-7 a 15 maisons, et donc familles, differentes. La particularite c’est que de vivre tous ensemble, en communaute, tous se connaissent, s’entraident, les portes ne sont jamais fermees, les enfants jouent tous ensemble, chacun visite la maison du voisin quand il lui en prend l’envie et tout le monde s’invite a boire et a manger toute les 5 minutes. Parce que oui, ils adorent manger (adieu la taille de guepe) et plus encore boire (adieu soiree lecture au coin du feu). l’apres-midi de ce premier jour je l’ai passe en compagnie de mon guide et de son pere, chef de la longhouse de mon guide (le vieux pas causant) a regarder des combats de coqs pendant que les hommes (parce que les femmes c’est a la cuisine pas en plein air) me relucaient le tatouage (voire autre chose) … comment vous dire … quel gachi … sur le bord des arenes improvisees des coqs agonisants, leurs superbes plumes toutes tachees de sang, attendent que leur proprietaires malheureux viennent les chercher pour les emmener en cuisine. Des sommes colossales sont mises en jeu dans ces combats et des que les coqs commencent a s’affronter les hommes deviennent comme fous criant, rageant, encourageant … Apres ca retour a la longhouse de mon guide ou nous attendaient le reste de la “famille”, car autant vous dire tout de suite que je n’ai rien compris a l’arbre genealogique de cette famille ou ils sont tous cousins-cousines, oncles-tantes, voire ont plusieurs peres-meres. Les femmes discutaient tranquillement, les enfants courraient dans tous les sens et les hommes etaient deja completement souls. C’est le “mauvais” cote, non pas de la longhouse mais de la pauvrete des gens de cette famille, sans education et pour la plupart fermiers ou ouvriers sur des chantiers. J’ai vu un garcon de 15 ans, beau comme un dieu et soul pour un cochon fumer comme un pompier avant de s’ecrouler de fatigue dans un canapee apres une journee de travail sur les chantiers… Neanmoins on s’est bien amuse cette soiree la, a rire et a chanter jusqu’a ce qu’on finissent tous par tomber de fatigue. Le lendemain retour a la premiere longhouse ou a eu lieu les combats de coqs, pour la ceremonie de memoire aux morts tant attendue. Cette ceremonie n’a pas lieu tout les ans ou a une date precise apres la mort du defunt, mais quand la famille a reuni assez d’argent pour acheter la pierre tombale et organiser les rejouissances. Vous pouvez oublier les larmes, le silence et la tristesse, ici tout le monde est la pour honorer le mort en mangeant, buvant, dansant et se rejouissant. Les familles passent de maisons en maisons le ventre de plus en plus tendus par les repas pris successivement et imbibes d’alcool, faisant des offrandes d’un peu d’argent a la famille qui recoit en remerciement pour le repas, l’alcool etc etc. Vers 13h tout le monde a deja perdu la tete et commence a danser a rigoler. Du coup j’ai mange, bu (pas trop il faut savoir etre raisonnable) et danse et rigole ! Une tres tres bonne apres midi avant d’aller prendre le bus. Tous les enfants de la longhouse, meme ceux qui semblaient sur la defensive avec moi, sont venus me dire au revoir a l’arret de bus et me voila repartie vers Kuching. Apres deux jours passes en communaute je me suis sentie subitement bien seule dans le bus, un sentiment relativement rare chez moi et d’autant plus remarquable.

Le soir meme du samedi. Entre temps, les deux jours que j’ai passes a Kuching j’ai rencontre Letti, petit bout de femme (1m50 au garrot) d’une gentillesse a toute epreuve qui m’a pris en main, emmenee dans les restaurants pour les locaux et quand elle a vu que j’etais tatouee et a su que je songeais a me faire faire un tatouage traditionnel a remue ciel et terre pour contacter un ami a elle pour que je puisse assister a une seance de tatouage “hand-tapping” traditionnel. Ce que j’ai fait. Et je me suis decidee pour un nouveau tatouage … (j’entends d’ici les cris d’horreur) un grand en plus … ce que je n’avais pas prevu, c’est que si la partie basse sur le ventre a ete du gateau, la partie haute sur les cotes a ete absolument abominable, j’ai souffert a en pleurer, je ne peux donc meme pas trop me vanter de ce tatouage a part peut etre d’avoir tenu pendant 8h (avec des pauses quand meme) sous l’aiguille du tatoueur. En fait le tatouage ce fait a l’aide de deux batons, l’un avec un jeu d’aiguilles (qu’il a fallu changer 2 fois, 1ere fois parce que la peau de mon ventre est trop epaisse, 2eme fois parce que l’aiguille c’est tordue sur mes cotes … ) et l’autre pour taper dessus et donc enfoncer les aiguilles dans la peau. C’est long, tres tres long, mais paradoxalement, beaucoup moins douloureux que la machine.

et voila … apres deux jours de repos bien merite, demain je vais voir les orang-outangs de Seminggoh et ensuite direction le nord, Miri, pour aller voir les grottes de Niah et de Gunung Mulu. Je suis vraiment triste de quitter Kuching parce que je dois quitter Letti et parce que c’est une ville incroyablement agreable ou les gens sont gentils et acceuillants … mais une chose est sure, je reviendrais ! Letti me proposais d’ailleurs de demander a Anson (le tatoueur) si je pouvais devenir son apprentie … tentant, tres tentant …

J’aime pas la plage !

C’est sur que dit comme ca, ca peut surprendre, mais pas de panique, je m’explique. La plage en temps normal c’est des centaines voire des milliers de corps brillants de creme solaire, etales au bord de l’eau comme un banc de baleines echouees avec une couleur plus proche du homard que du chocolat apparemment recherche. Quand en plus on vous dis iles paradisiaques du sud de la Thailande, ne vous imaginez pas du sable blanc a perte de vue avec des cocotiers et des palmiers, imaginez une plage recouverte de transats et de parasols multicolores arpentee par des centaines de vendeurs divers et varies tels que fruits, maillots, pareos, epilation, j’en passe et des meilleures … Je pense que vous avez saisi le tableau. Donc maintenant je peux vous avouez que moi, la plage, j’aime pas. Une heure peut-etre deux au maximum a bouquiner a l’ombre du parasol des grand-parents ou a discuter avec la famille, oui, ca fait partie des rares moments ou la plage a une utilite.

Bon vous me direz, la plage, moi, je l’ai vu, du fond de mon hamac j’ai pu admirer une plage noyee par la pluie et une mer demontee se jetant rageusement sur les rochers a quelques metres du bungalow. Pas si pire quand on y pense, la mer a une belle couleur bleu fonce avec le ciel bien gris et le sable bien blanc, ca rend pas mal sur les photos. Enfin ca aurait pu rendre pas mal si mon appareil avait ete un peu plus sophistique et capable de respecter les nuances de couleurs.

A ce stade vous vous demandez certainement ce que je suis allee faire sur ses iles  m’en rendant malade pendant des heures sur des rafiots rouilles au point d’avoir maintenant en permanence l’impression que le sol tangue. Je voulais faire du snorkelling, la version pauvre de la plongee pour les non-inities. Un masque, un tuba, des palmes si t’es gentil et c’est parti mon kiki. Pas cher, enfin normalement parce qu’il faut quand meme payer la sortie en bateau, et tres agreable, du moins quand il ne fait pas trop froid hors de l’eau. Sur Ko Tao, snorkelling magnifique et rhume au retour, sur Ko Pha-Ngan pas de snorkelling du tout du a la meteo et la Full-Moon … comment dire … pas (du tout) mon truc, je n’allais pas attendre coincee sur l’ile pour ca. Du coup, Ko Samui qui ne vaut que pour ses plages de sable fin et son ambiance proprette, je l’ai laissee derriere moi et j’ai file a Pulau Langkawi, ile de Malaisie a la frontiere avec la Thailande mais sur l’autre cote.

Presque bien dis donc ! A part le temps encore une fois … Bon la plage la encore c’est pas mon truc mais c’est plutot marrant de voir les femmes malaisiennes qui se baignent toutes habillees et les touristes en bikini … Par contre les hommes ici n’y vont pas par le dos de la cuillere, ca mate et ca drague la touriste a tout va (meme moi et pourtant je suis aussi couverte que les malaisiennes, voile mis a part). Langkawi, malgre son aspect ile-resort avec tellement de restaurants, de boutiques et d’hotels que tu ne vois plus la plage et que tu ne trouve meme plus de chemin pour y aller (a part traverser un hotel) garde un cote ”cool” grace aux nombreux hippies sur le retour qui ont ouvert des guesthouses et des bars autour de la route principale. Un etrange melange que cette ile. Qui ne me donne pas non plus envie de rester plus longtemps que ca …

Demain direction Kuala Lumpur pour de l’action, enfin, des marches d’une journee dans la jungle urbaine sous une chaleur torride due autant au soleil qu’a la pollution, des visites, non plus de temples bouddhistes mais de mosquees et toujours toujours les musees, on ne change pas une equipe qui gagne et c’est encore ca que je prefere. Apres quoi on change encore de programme pour entamer la partie “physique” du voyage avec un nombre considerable de parc nationaux a visiter, de randonnees a faire, de montagnes a grimper … Apres ca peut-etre que j’aimerai un peu mieux la plage et sa faune.

Premiere boucle, bouclee !

Et voila, la boucle continentale est finie, au revoir Laos, Vietnam et Cambodge et bonjour les iles de Thailande, la Malaisie et l’Indonesie ! Je dis aussi au revoir a la partie plus “culturelle” du voyage puisqu’a partir de maintenant ce sera surtout a base de randonnees et de snorkelling. J’ai hate !

Je suis donc de retour a Bangkok d’ou je pars demain pour les iles de la cote est, Ko Tao et Ko Samui. Quand je suis arrivee a Bangkok il y a trois mois je trouvais deja Kao San rd completement folle, mais ca n’a rien de comparable avec ce que c’est maintenant que la saison demarre vraiment, ce qui ne laisse rien presager de bon sur les iles. Tous les bons (et moins bons) hotels sont plein et je n’ai trouve pour me loger qu’une cellule parvenant a peine a contenir un malheureux lit 1place au dessus d’un bar bruyant dans une rue bruyante … et tout ca pour une somme astronomique … Mais apres 12h de bus on ne fait pas trop la difficile, je suis deja contente d’avoir trouve une chambre.

Petit resume de ces trois mois de voyage :

  • la ville que j’ai preferee : Hanoi, Vietnam, completement folle, pleine de vie, de bruit et d’un je-ne-sais-quoi qui change tout
  • la ville que j’ai detestee : Phnom Penh, Cambodge, qui nous jette au visage tous les travers du pays dont elle est la capitale, les enfants qui se droguent dans la rue et qui mendient, les monticules d’ordures, la corruption …
  • le plus beau paysage : les montagnes du nord Laos qui devancent de peu Ninh Bin au Vietnam
  • la plus belle creation humaine : Angkor bien sur quoi que dans un autre genre Bangkok est impressionante
  • le peuple le plus acceuillant : les laotiens, sans hesitation
  • la meilleure cuisine : la cuisine thailandaise ! si epicee qu’au debut on a la bouche en feu mais apres on ne peut plus s’en passer
  • le pays que j’ai prefere toutes categories confondues : le Laos une incroyable et merveilleuse surprise un must si vous passez dans la region ;-)

Et pour conclure joyeusement ces trois premiers mois, une petite mise a jour du classement des pires touristes et vous allez voir il y a des changements.

Pour commencer, vainqueurs toutes categories pour moi mais aussi pour 99% des voyageurs sondes, les israeliens emportent la palme grace a leur mauvaise habitude de refuser de payer, de raler pour un rien et de traiter les gens comme de la merde, au point que certains hotels et restaurants refusent de les servir ! Ils sont suivit par les coreens, les japonais et les chinois ex-aequo qui sont ici sanctionnes pour leur non-respect des temples d’angkor (et que je monte sur les statues, et que je prend des poses grotesques en bouchant la vue des temples pour les autres, etc) et leur cote “je ne me deplace pas a moins de 500″. Nous retrouvons ensuite les francais, juste parce que je trouve qu’ils sont trop nombreux et que j’en ai entendu pas mal se plaindre : ” c’est bien gentil angkor mais une fois qu’on a vu un temple on les a tous vu …”. Les espagnols, portugais et italiens disparaissent du classement tout simplement parce qu’ils ont disparus du paysage, tout comme les americains. Quelques anglais mais relativement discrets, beaucoup de belges et de hollandais mais je n’ai rien a leur reprocher.

Voila pour ce nouveau classement des pires touristes a bientot pour un nouvel episode !

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